Wie jeder Zehnjährige wollte ich Lokomotivführer werden. Und Sieger von Paris-Dakar. Wie berauscht war ich vom Sprayen der weißen Markierungsstreifen auf den Asphalt der Nidwaldner Landstraßen. In schreiendes Orange gekleidete Männer sprühten Sicherheitslinien in kühnen Bogen von sperrigen Maschinenbestien mit tiefergelegten Sitzen, Maschinen, die ebenso unzähmbar schienen wie die losstürmenden Dragster auf den amerikanischen Salzseen.
Auch ein eigener Laden war eine Option. Wobei der Warenbestand durch die Erfindung eines magischen Kästchens zustande kommen sollte, der aus Wunsch Wirklichkeit herstellte. Ich habe aus Stern, Quick und der Schweizer Illustrierten alle Inserate ausgeschnitten und die Schnipsel nach Markenprodukten geordnet. Bald hatte ich eine Schachtel Nivea, eine Schachtel Persil, eine Schachtel Ovomaltine, eine Schachtel Mercedes-Benz. Leider fand ich nie den Mut, aus meinem papierenen Angebot auch wirklich eine Bestellung in den magischen Kasten zu legen, sonst wäre ich ein reiches Kind geworden.
Später wurde der Film das Objekt meiner Begierde. Anfangs natürlich wegen der Schauspielerinnen und ihrer leichten Garderobe; mit der Zeit ist noch das ein oder andere Argument dazugestoßen. Die Argumente sind geblieben, die Schaulust ist gewachsen, darum arbeite ich auch noch ein halbes Leben später mit dem bewegten Bild. Nie im Leben wäre ich auf den Gedanken gekommen, Polizist statt Regisseur zu werden. Eine Zukunft in Uniform und auf Streife: Als Jugendlicher war diese Vorstellung für mich das allerletzte. In den rebellischen Jahren um 1968 wurde niemand freiwillig Polizist.
Gelogen. Kein Wort davon ist wahr. Polizisten sind Helden. Nicht nur in Zürich und Berlin und New York, nicht nur im Tatort und in French Connection. Auch in Stans bei der Nidwaldner Kantonspolizei. "Polizisten fahren stets zu zweit um dunkle Ecken durch die Nacht. Polizisten müssen wissen, wer bei Nacht was Kriminelles macht. Polizisten wissen was zu tun ist, denn sie haben Funkverkehr. Polizisten schießen, wenn sie wissen, daß sie müssen und aus Maschinengegenwehr." So sangen Extrabreit Anfang der achtziger Jahre, und so sah ich die Sache später auch. Nicht, weil ich Opfer der väterlichen Propaganda geworden war, sondern eher, weil ich drei Kriminalromane pro Woche las und mit den vom Gesetz definierten Grenzen des Erlaubten flirtete. Meine Neigung zur anderen Seite, der Seite mit den menschlichen Abgründen, habe ich dann in erfundene Geschichten gesperrt, damit ich mit ihr nicht im Knast ende, sondern im Nirwana der Inspiration. Ich entdeckte, daß die Faszination des Bösen eine Quelle der Phantasie sein kann, um authentische menschliche Schicksale für den Film und die Bühne zu entwerfen.
Es wurde dann die Aufgabe meines Vaters, mit seiner Rolleiflex dafür zu sorgen, daß die Dorfjugend im Kanton Nidwalden einen anderen Weg ging als ich. Denn die Reihen des alternden Korps hatten sich gelichtet, die Bewerber wurden immer weniger, die Aufgaben keineswegs. Bei der Nidwaldner Polizei vermutete man, daß die jungen Männer nicht wollten, was sie nicht kannten. Darum mußte informiert werden, am besten in der Schule und am besten mit der neuesten Technik: Ein Diavortrag mußte her! In Farbe! Arnold Odermatt sah, daß hier eine Aufgabe auf ihn wartete. Er hat seine Kollegen zum Friseur geschickt und dann die Abenteuer ihres Berufsalltags, die Fahrzeuge mit Blaulicht, die Macht der Dienstwaffen und die Faszination der technischen Geräte so arrangiert und inszeniert, daß Reklame im besten Sinne entstand.
Reklame aus einer untergegangenen Zeit, mit besessener Sorgfalt photographiert. Reklame in fernen Farben, die uns aus der Vergangenheit grüßt wie die Gerüche aus unserer Kindheit. Reklame, die nicht dem Diktat von Marktanalysen und Imagepflege unterworfen ist, sondern ganz einfach stolz zeigt, was man hat und wer man ist: "eine tolle Truppe!"
Urs Odermatt
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Comme tous les garçons de dix ans, je voulais devenir conducteur de locomotive. Et gagner le Paris-Dakar. J'étais envoûté par les opérations de marquage des lignes blanches sur l'asphalte des routes de campagne du canton de Nidwald. Des hommes en tenue orange criarde bombaient les lignes en décrivant des cercles périlleux du haut de leurs lourdes machines diaboliques aux sièges rabaissés, qui paraissaient tout aussi indomptables que les dragsters rugissants lâchés à toute vitesse sur les lacs salés d'Amérique.
Ouvrir mon propre magasin était une autre option envisagée. L'invention d'un écrin magique, créateur de réel à la demande, devait me permettre de constituer un stock de marchandises. Je découpais les réclames des magazines illustrés comme Stern, Quick ou le Schweizer Illustrierte et les classais ensuite par marque. Je disposai ainsi rapidement d'une boîte Nivea, d'une boîte Persil, d'une boîte Ovomaltine et d'une boîte Mercedes. Mais je n'ai jamais trouvé le courage de choisir un produit de mon étalage en papier et de déposer la commande dans l'écrin magique ; dommage, j'aurais pu être un enfant riche.
Plus tard, ce fut au tour du cinéma de devenir l'objet de mes désirs. Au début, bien sûr, à cause des actrices et de leurs tenues légères. Avec le temps, l'un ou l'autre argument s'est rajouté. Les arguments sont restés, la curiosité a grandi, et c'est pour cela qu'une demi-vie plus tard, je continue de travailler avec l'image animée. Jamais de la vie me serait-il venu à l'esprit de devenir policier plutôt que réalisateur. Une vie à patrouiller en uniforme : pour un adolescent comme moi, c'était bien la dernière chose à imaginer. Personne ne choisissait de son plein gré d'être policier à une époque où le souffle de la révolte de 1968 animait encore les esprits.
Même pas vrai. N'en croyez pas un mot. Les policiers sont des héros. Pas seulement à Zurich, Berlin ou New York, dans la série Tatort ou dans French Connection. Mais aussi à Stans, au sein de la police cantonale de Nidwald. « Les policiers patrouillent à deux, de nuit dans les coins sombres. Les policiers doivent être au fait des crimes commis dans l'ombre. Les policiers savent ce qu'il faut faire, ils sont en contact radio. Les policiers tirent quand ils n'ont plus le choix, et avec des mitraillettes quand il le faut. » Ces paroles du groupe Extrabreit datent du début des années quatre-vingt, mais bien après, c'était toujours comme ça que je voyais les choses. Non pas que j'eus succombé à la propagande paternelle, mais plutôt parce que je lisais trois polars par semaine et que j'approchais au plus près les limites autorisées et définies par la loi. Par la suite, j'ai confiné ce penchant pour l'autre côté, le côté obscur des hommes, dans des histoires fictives, pour faire en sorte qu'il ne me conduise pas en taule mais au nirvana de l'inspiration. Je découvrais que la fascination pour le mal pouvait être une source d'imagination et donner vie, au cinéma et sur scène, à d'authentiques destins humains.
Mon père et son Rolleiflex se chargèrent, eux, de faire en sorte que la jeunesse des villages du canton de Nidwald prenne une autre voie que la mienne. Les effectifs d'un corps vieillissant avaient fondu, et les candidats se faisaient de plus en plus rares, contrairement aux missions. Du côté de la police de Nidwald, on soupçonna que les jeunes hommes ne pouvaient convoiter une chose qu'ils ne connaissaient pas. Il fallait donc informer, si possible à l'école, et si possible à l'aide des technologies les plus avancées : un diaporama s'imposait! Et en couleur ! Arnold Odermatt comprit immédiatement que cette mission était la sienne. Après avoir envoyé ses collègues faire un tour chez le coiffeur, il mit en scène les aventures quotidiennes de leur profession, les voitures à gyrophare, le pouvoir des armes de service et la fascination des outils techniques. Au final, cela donna de la publicité dans le meilleur sens du terme.
Une publicité d'un temps disparu, photographiée avec une application obsessionnelle. Une publicité aux couleurs lointaines qui nous accueille dans le passé comme le font les odeurs de notre enfance. Une publicité libérée de la tyrannie des études de marché et du soin de l'image qui affiche fièrement et simplement ce que l'on possède et ce que l'on est: « une équipe du tonnerre ».
Urs Odermatt
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Like every 10-year-old boy, I wanted to be a train engineer. And the winner of the Paris-Dakar rally. I became almost intoxicated from the spraying of the white lines along the asphalt of the Nidwalden country roads. Men in screaming-orange work clothes sprayed traffic lines in bold arcs from bulky mechanical beasts with deep-set seats - machines that looked as untameable as the battling dragsters on the American salt flats.
Having my own shop was also an option. It would be stocked by my invention, a magical box which could turn dreams into reality. I cut out all the ads from Stern, Quick and the Schweizer Illustrierte and organized the clippings according to brand products. Pretty soon I had a Nivea box, a Persil box, an Ovomaltine box and a Mercedes-Benz box. Regrettably, I never had the courage to turn my papers into an order for the magic box. Otherwise, I would have become a very rich kid.
In later years, my fascination turned to film. Initially, I was captivated by the actresses and their scanty wardrobes, but over time one or two other arguments were added. The arguments have survived and my curiosity has grown and those are the reasons why, half a lifetime later, I am still working with the moving picture. Not for a minute did I ever think of becoming a policeman instead of a director. A future in uniform and walking a beat? As a young guy, that was the farthest thing from my mind. In the rebellious years around 1968, nobody willingly joined the police force.
That's a lie. Not one word of that is true. Policemen are heroes and not only in Zurich and Berlin and New York, not only in Tatort and in The French Connection. In Stans too in the Nidwalden Canton police force. "Policemen, always in teams of two, drive around dark corners throughout the night. Policemen have to know what criminals do at night. Policemen know what to do because they have radio communication. Policemen shoot when they know that they have to and then with machine guns." The lyrics sung by German pop group Extrabreit at the beginning of the 1980s pretty much summed up how I felt later. My change of heart came not because I was the victim of paternal propaganda. It was more likely because I read three crime stories a week and flirted with the outer edges of what the law allowed. But I effectively locked up my inclination toward the other side - the side containing the depths of humanity - in invented stories so that I wouldn't end up in jail but in the nirvana of inspiration. I discovered that a fascination with evil could be a source of fantasy when dreaming up authentic human twists of fate for stage and screen.
It then became my father's task, armed with his Rolleiflex, to make sure that the village youth in the Nidwalden Canton went a different way than I. The members of the aging corps were dwindling and applicants were thinning out, but the work load wasn't. The Nidwalden police suspected that the young men didn't want to be something they didn't know about. So they had to be informed, ideally at school and, of course, with the newest technology. They needed a slide show! In colour! Arnold Odermatt saw that the job was just waiting for him. He sent his colleagues to the barber and then got to work. As producer and director, he captured the adventure in their everyday work - the vehicles with blue lights, the power of their service revolvers and the fascination of technical equipment - and created advertising for the force in the truest sense of the word.
Advertising from a lost time, photographed with obsessive care. Advertising in fading colours which greet us from the past like memorable scents from our childhood. Advertising, which is subject neither to the dictates of market analysis nor image building, but simply shows with pride what they have and who they are: "a really great troop!"
Urs Odermatt